Acteurs
26/04/2012
FILIERES

Agrodynamic : le pôle d’excellence rurale implanté en Eure-et-Loir affiche ses ambitions

Pôle d’excellence rurale depuis 2006, l’association Agrodynamic regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’adhérents essentiellement en Eure-et-Loir. Après avoir été lancée en 2001 par le Comité de développement économique d’Eure-et-Loir dans le but de « structurer une filière complète de valorisation des produits agricoles », elle a bien pris racines dans le paysage régional, même si elle est plus particulièrement localisée dans le Dunois.

Le bilan d’activité d’Agrodynamic, présenté en assemblée générale le lundi 23 avril à Châteaudun (Eure-et-Loir), atteste de la vitalité de cette structure désormais présidée par Jean-Marc Dupré, du groupe Agralys/Axéréal.

Quatre groupes de travail ont été mis en place : un sur la biomasse, la cogénération, la méthanisation et les énergies renouvelables, un sur la gestion et la valorisation des déchets, un sur l’éco-construction et ses sous-filières, un sur l’agroalimentaire et l’agro-santé.

Agrodynamic se donne pour mission de faire émerger des projets innovants et/ou pilotes, individuels et/ou collectifs sur les thèmes de l’éco-construction, l’éco-emballage, l’agro-santé, la valorisation industrielle des plantes, biomasse/séchoir, cogénération/chaleur, méthanisation, énergies renouvelables...
Châteaudun, le 23 avril 2012. Assemblée générale d’Agrodynamic, avec, de gauche à droite  : Michel Guerton, trésorier ; Richard Chapuzot, secrétaire ; Jean-Marc Dupré, président, et Anne Bénazet, animatrice du pôle d’excellence rurale. (Photo Patrice Dézallé, Puissance2d).
Jean-Marc Dupré appelle les projets innovants à se faire connaître pour être aidés. Il attend aussi des propositions de formations. Des contacts ont été pris avec des organismes de formation : Greta 28, Prometa CFAI, ESCEM de Tours, lycées de La Saussaye, de Nermont (Eure-et-Loir), Jacques-Monod (Saint-Jean-de-Braye, Loiret), ainsi qu’avec la faculté des Sciences de Chartres (étude sur les huiles essentielles contenues dans les fruits).

Une nouvelle convention prévue avec le cluster Valbiom

Il est par ailleurs question de réécrire la convention avec le cluster Valbiom, comme le confirme son vice-président, Philippe Lirochon : « nous avons la même volonté de favoriser le développement économique dans nos domaines de compétence respectifs, en accompagnant les projets. Il y a donc la possibilité de co-construire, sans se marcher sur les pieds ».
 

Premier coup de pouce, à un projet de production de spiruline

Agrodynamic a participé au financement d’un premier projet : celui de l’agriculteur Dominique Guérin (photo), installé au Gué-de-Longroi, entre Chartres et Rambouillet. La spiruline est une micro-algue présentée comme ayant des vertus nutritionnelles et thérapeutiques sans équivalents. La production se fait sous serre, en bassin chauffé. La récolte s’effectue par filtration, avant essorage et déshydratation, explique Dominique Guérin, qui voit là une source de diversification. La société Fruit O Food a déclaré son intérêt pour acheter de la spiruline fraîche ; elle effectuerait l’opération de déshydratation sous vide avant de commercialiser pour le secteur de la cosmétique.
La spiruline est recherchée pour ses propriétés, en particulier comme complément alimentaire. Le succès de la spiruline est initialement dû au traitement de la malnutrition, rappelle Thierry Payot, du cluster Valbiom, et "il y a sans doute beaucoup de choses à faire dans ce domaine".
Dominique Guérin a étudié son projet pendant dix mois. Aujourd’hui, les demandes de permis de construire sont en cours d’instruction, les demandes de prêts bancaires sont lancées, et les serres sont commandées.Le coût de production de la spiruline est estimé ici à environ 105€/kg.
Dominique Guérin s’était déjà lancé dans la culture du tabac il y a dix ans. Adhérent à la fédération des spiruliniers de France, qui compte environ 80 adhérents, il va effectuer un stage chez l’un d’eux en mai.
Ainsi, la production devrait démarrer en septembre prochain, en petites quantités, dans le bassin de 1.600m² préparé pour cette activité.
 

Biotechnologies et bioressources frappent à la porte

Pierre Malvoisin, présente sa société de biotechnologies végétales, Aelred qui s’intéresse à la biomasse pour le futur. Aelred est associée au projet BFF, piloté par l’INRA et qui a été admis aux investissements d’avenir. Ce projet implique 24 partenaires. Son objet est de travailler sur toutes les améliorations possibles à toutes les étapes de la chaîne de valeur, depuis la génétique jusqu’à l’utilisation en passant par la compaction. Il est question par exemple de voir les opportunités sur les bioplastiques, notamment pour l’automobile, avec une optique d’industrialisation, précise Pierre Malvoisin. Autres domaines d’investigation : les agro-matériaux, dans une perspective de produits normés de masse, et la méthanisation. "Nous allons commencer à appliquer en région Centre les fruits de notre expérience en Ile-de-France", indique Pierre Malvoisin.
Reste à voir comment organiser une animation avec les agriculteurs. Une association de développement économique va être créée pour rendre les connaissances issues de ce projet de recherche publiques. Le projet BFF est labellisé Movéo pour l’automobile et AdvanceCity pour le bâtiment, ainsi que par le pôle IAR (Industries Agro-Ressources), pôle mondial de valorisation des agro-ressources et de la chime verte.
Selon Jean-Marc Dupré, il serait opportun qu’Agrodynamic contribue au succès de ce projet, mais il pense qu’il faudra aussi associer les pouvoirs publics locaux comme la Région Centre et l’agence de développement économique d’Eure-et-Loir.
 
Enfin, Jean-François Houstin, de la société Vol-V présente un projet de méthanisation anaérobie qui serait installé entre Marboué et Châteaudun. Cette unité permettrait notamment de transformer des sous produits agricoles et des résidus de collectivités. Le digestat serait valorisé en agriculture, et le biogaz converti en électricité ou utilisé pour produire de la chaleur. Il semblerait possible d’en injecter dans les réseaux qui approvisionnement les collectivités du secteur.
Patrice Dézallé
 


Finances

Les comptes de l’association ont été certifiés par un commissaire aux comptes, obligatoire puisque le budget dépasse les 150.000 euros.

Par ailleurs, le président Jean-Marc Dupré attire l’attention sur le fait qu’il faut penser à quelques transferts de charge ; en particulier le salaire d’Anne Bénazet, financé jusqu’alors par le conseil général d’Eure-et-Loir, le conseil régional, les Pays et les huit communautés de communes de ces pays, et aussi penser au financement du cluster puisque la période de lancement de trois ans se termine au 31 décembre.

Répondre à cet article


Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
Recopiez le code

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

 
PARTICIPEZ

Ce site Puissance2D est aussi le vôtre.

> Annoncez une manifestation
> Transmettez vos communiqués de presse
> Envoyez vos photos, vidéos, enregistrements                                  (avec vos coordonnées et une autorisation de publication)
> Proposez votre blog spécialisé ou votre newsletter

envoi@puissance2d.fr

LE KIOSQUE




BIEN ETRE ET SANTE
Centre Stress Info