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Societe
05/08/2017

Baptiste Dubanchet a bouclé sa traversée de l’Atlantique en pédalo !

C'est la délivrance pour Baptiste Dubanchet qui a touché terre dans la nuit de jeudi à vendredi en Guadeloupe, après une traversée de l'Atlantique en pédalo de près de trois mois, durant laquelle il a puisé très loin dans ses ressources physiques et mentales. L'exploit est d'autant plus retentissant que Baptiste a réussi son pari de sensibiliser au gaspillage alimentaire, en se nourrissant exclusivement d'aliments périmés durant son périple. Il nous livre ses premières impressions de terrien.

Quels sont les sentiments qui prédominent quelques heures après avoir réalisé cet exploit sur l’Atlantique ?
« Je suis encore sous le choc, je ne réalise pas tout à fait ce qui m’arrive, d’autant que l’atterrissage en Guadeloupe a été animé. Je suis arrivé le long des côtes en pleine nuit, pendant un gros orage. Je risquais de dériver vers le Nord et de m’échouer. Heureusement, un local m’a remorqué et nous sommes arrivés un peu en catastrophe dans la marina de Saint-François, et non à Pointe-à-Pitre. Dans l’urgence, j’ai fait au plus court. Une fois à quai, j’ai passé une super nuit, le bateau était bien stable tout au fond de la marina, ça change ! Ce matin, le réveil était génial. Après trois mois seul au large, voir des bâtiments autour de moi et surtout parler à des gens me procure une joie immense. Je suis encore bouleversé. Je ressens également une forme de soulagement, car j’ai craint pour ma vie durant cette traversée…  »


«  Je parlais tout seul, je délirais, j’entendais des voix… »

Comment te sens-tu physiquement après cette traversée éprouvante, qui a débuté au Maroc le 6 mai dernier ?
« Quand j’ai posé pied à terre cette nuit, je n’arrivais pas à marcher, je ne tenais pas debout, j’étais trop habitué à compenser en permanence les mouvements du pédalo. Mais maintenant ça va mieux. Je me sens en forme grâce à l’excitation du retour à terre. Je n’ai pas trop de courbatures. Mais dans quelques jours j’aurai probablement le contre coup de ces longs mois à pédaler quotidiennement. »

Tu es également allé chercher très loin dans tes ressources mentales…
« Oui, la solitude et la lassitude étaient difficiles à gérer. Une journée semblait en durer trois ! Parfois, je parlais tout seul, je délirais, j’entendais des voix. A la moitié de la traversée, je me sentais vraiment mal, ces moments ont été les plus compliqués. Je n’envoyais plus de vidéos, je n’écrivais plus rien sur le carnet de bord. Je devais me convaincre que ça allait se terminer mais je n’y croyais plus vraiment. C’était super dur. Le fait d’être ballotté en permanence était également très usant mentalement. Les trois dernières semaines, c’était encore pire, tout était trempé à l’intérieur, rien ne séchait. Cette traversée devenait une torture. »

« Je ne vivrai peut-être plus jamais de tels moments »

On imagine que tu vas aussi garder de très beaux souvenirs de ce périple sur l’Atlantique ?

« Oui, bien sûr ! Même les moments les plus difficiles étaient ponctués d’instants de bonheur. Quand j’allais sous le pédalo pour nettoyer puis que je remontais à bord, je ressentais une joie immense, je me prenais pour un surhomme. Je n’avais jamais ressenti ça de ma vie. Autres moments de grâce : les nuits étoilées sans lune. C’était incroyable, j’avais l’impression d’être sous un dôme et j’admirais ce spectacle fantastique en écoutant à fond de la musique classique. Je ne vivrai peut-être plus jamais de tels moments… »

Niveau nourriture, tu as rempli tes objectifs ?
« Oui, je souhaitais prouver que le gaspillage alimentaire n’est pas une fatalité et je pense avoir rempli cet objectif. Je suis resté végétarien, j’ai n’ai mangé que les aliments périmés du bord, en restant en bonne santé. Après cette traversée, je suis encore plus convaincu que le gaspillage alimentaire pourrait ne plus exister. Juste avant la date de péremption, on pourrait lyophiliser tous les produits frais et allonger leur durée de vie.
En revanche, la pétition n’a pas décollé et je suis un peu déçu (
https://www.change.org/p/europe-lets-reduce-food-waste-get-rid-of-unnecessary-best-before-dates).
Mais nous avons bien avancé sur le sujet. Je suis très content d’avoir mené à bien ce projet. C’est la fin de la traversée mais on ne s’arrête pas là, c’est le début de la suite !
 »

Après avoir fait Paris-Gibraltar à vélo puis la traversée de l’Atlantique en pédalo, il te reste une troisième et dernière étape à parcourir…
« Effectivement. Déjà, ce dimanche je vais rallier Pointe-à-Pitre avec mon pédalo pour bien boucler la traversée. Ce trajet d’une vingtaine de milles devrait me prendre une journée. Puis fin septembre, je me rendrai à Miami. L’objectif sera cette fois d’aller jusqu’à New York en vélo…  »

 

Signez la pétition
Pour soutenir le message du jeune aventurier, vous pouvez signer une pétition en ligne. Actuellement seul au monde, chaque signature est ressentie comme un puissant vecteur de motivation pour Baptiste.

-> Cliquer ici pour accéder à la pétition


En bref

L’embarcation
L’embarcation de 7,5m emportera avec elle 100kg de nourriture, une couchette et un système de désalinisation d’eau.


Baptiste en quelques mots
Baptiste Dubanchet est né à Bourges en juillet 1988. A La Rochelle, il a décroché un Master en Développement Durable en 2012. En 2014, il a réalisé un premier voyage de 4 000 km à vélo en s’alimentant avec des aliments destinés à la poubelle dans 7 pays européens. Il a été chargé de mission gaspillage alimentaire à la SEPANT Société d’Étude de Protection et d’Aménagement de la Nature en Touraine (à Tours).

Lutte contre le gaspillage alimentaire
Baptiste souhaite démontrer par sa performance sportive que les inscriptions « à consommer de préférence avant le », appelées Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO), sont inutiles sur certains aliments comme le riz, les lentilles, le miel ou le chocolat. Il souhaite faire signer un pétition pour faire retirer les DLUO et mobiliser les gens dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
En mer, il a mangé du lyophilisé préparé avec des produits récupérés. Le but ultime du natif de Bourges est de démontrer que le lyophilisé peut être utilisé sur la majorité des aliments et dans la vie quotidienne.

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