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17/04/2017

Ecopâturage : les moutons commencent à remplacer le fauchage mécanique, à Orléans aussi

Comme à Paris avec GreenSheep, à Ingré (Loiret) ou ailleurs, la ville d'Orléans vient à son tour de lancer une opération d'éco-pâturage pour entretenir par une quinzaine de moutons d'Ouessant un bassin de rétention des eaux d'orage de 2,5 hectares. Cette opération, confiée à l'association La Moutonde, qui dispose d'un cheptel de 150 animaux, a une vocation à la fois écologique et pédagogique. Elle est en place jusqu'en novembre.

 

Paisibles, farouches et efficaces. Un troupeau d’une douzaine de moutons d’Ouessant, dont quatre agneaux, sont déjà installés. Orléans se lance. Un éco-pâturage a été mis en place par la ville sur le bassin d’orage situé rue du Boyau, à la limite des communes d’Olivet et Saint-Pryvé Saint-Mesmin.

Ce bassin de rétention appartient à la communauté urbaine, précise Pascal Pelé, responsable de gestion de l’espace public et de la qualité de la ville à la direction Espace Public.
Et "L’herbe y est de bonne qualité puisque nous pratiquons depuis plusieurs années le zéro pesticide", ajoute Stéphanie Anton, adjointe au maire d’Orléans, déléguée au développement durable, et conseillère communautaire en présentant l’opération à la presse, en compagnie notamment de Mathieu Langlois, adjoint au maire pour le quartier Saint-Marceau.

Dans un souci de préservation de l’environnement, la mairie d’Orléans recherche en effet des alternatives aux usages traditionnels d’entretien de l’espace public.

Un pâturage vient d’être créé sur le bassin d’orage situé rue du Boyau, dans le cadre de la nouvelle stratégie biodiversité menée par la Mairie d’Orléans, dont l’objectif est d’offrir aux habitants un cadre de vie agréable, dans un esprit de « ville jardin », préservant la biodiversité et favorisant les bienfaits de la nature en ville.
Photos Patrice Dézallé


"Le recours aux moutons est un procédé d’entretien qui présente de nombreux avantages pour l’environnement : il limite la pollution liée à l’utilisation d’engins mécaniques, favorise le développement de la biodiversité, et permet un entretien 100% naturel qui contribue à enrichir le sol par les rejets des animaux", souligne Stéphanie Anton.

La parcelle va être séparée en deux ou trois parties pour que les animaux puissent avoir une herbe fraîche en se déplaçant chaque mois de l’une à l’autre.
Une clôture électrique de faible intensité, sans aucun risque pour la santé, assure la garde car elle est suffisamment intense pour s’avérer dissuasive si l’on s’aventure à la toucher.


Les animaux sont visibles de tous, mais il n’est pas possible de les approcher en raison de la clôture. Du reste, il s’agit d’une espèce plutôt farouche, comme nous avons pu le vérifier.

Un enclos légèrement électrifié empêche les moutons de sortir de leur pacage tout en les protégeant des "visiteurs".

 

Il est d’ailleurs conseillé aux "visiteurs" de respecter quelques règles simples mais essentielles : ne pas nourrir les animaux, ne pas pénétrer dans les enclos, ne pas toucher aux clôtures. 

Ici, sur le bassin d’orage, où l’on se croirait à la campagne, les riverains ont bien accepté l’idée. Ils ont été informés de l’arrivée du petit troupeau, en place depuis le vendredi 7 avril.
"Cette opération d’éco-pâturage à une vocation à la fois pédagogique et écologique", plaide Stéphanie Anton.

Sébastien Poncelet, responsable de l’organisation et de la planification des interventions en régie sur le domaine public à la ville d’Orléans, avait lancé l’idée il y a deux ans, mais on cherchait le lieu. Ici, c’est vraiment une opportunité, confie Alexandra Delcros, d’Orléans Métropole, chargée de gérer ce site comme les trois autres bassins de rétention des eaux ainsi que les lignes de tramway et les axes structurants.

En 2015, au début du mandat, une première proposition faite à RFF (Réseau ferré de France) n’avait pas abouti. "On avait toutefois envie de développer cette gestion différenciée de certains espaces, avec une vision écologique et pédagogique. On a pu constater, à l’occasion du Festival de Loire, l’intérêt porté aux animaux par les enfants, quand il y en a. Il faut éveiller les citadins à la biodiversité", souligne Stéphanie Anton.

 

La Moutonte : un cheptel de 150 animaux

C’est une association locale, basée à Saint-Pryvé Saint-Mesmin et baptisée La Moutonte, qui a été retenue parmi quatre candidats ayant répondre à l’appel d’offre pour réaliser la mission d’éco-pâturage à Orléans.
Le troupeau est composé d’une petite vingtaine de moutons de la race d’Ouessant.

Rencontre sur place entre Stéphanie Anton, adjointe au maire d’Orléans, Nathalie Fourrage, présidente de l’association La Moutonde (à droite), Laurence Nonraedt, la bergère salariée, et Pascal Pelé, responsable de gestion de l’espace public et de la qualité de la ville à la direction Espace Public d’Orléans.

"Les moutons d’Ouessant sont particulièrement difficiles à approcher", explique Nathalie Fourrage, présidente de l’association La Moutonde. Elle gère un cheptel qui atteint aujourd’hui quelque 150 animaux, chèvres et moutons. Avec une salariée : Laurence Nonraedt, la bergère.
Généralement, il faut en moyenne 5 moutons par hectare pour effectuer une tonte correcte, mais lorsque ce sont des "Ouessant", il en faut entre dix et quinze.


L’association assure la surveillance, l’approvisionnement en eau, les soins vétérinaires, etc. "C’est notre valeur ajoutée de nous en occuper correctement", résume Nathalie Fourrage.

La prestation peut être fournie à des particuliers, à condition qu’il y ait une surface suffisante à brouter. Car « On leur demande de manger ». Les Ouessant ne sont pas une race à viande ni à lait.

La Moutonte dispose aussi de brebis solognotes. Certaines sont d’ailleurs actuellement à l’oeuvre dans l’agglomération d’Orléans, sur les pelouses de l’hôpital Daumezon à Fleury-les-Aubrais, chez Hitachi, à Semoy, ou à la Laiterie de Saint-Denis-de-L’Hôtel.

-> Le site internet de l’association

-> La page Facebook de La Moutonde

 

En Bref

Même coût. Le coût économique de l’opération est similaire aux interventions mécaniques qui seraient nécessaires.
Soit en l’occurrence 4.800€ pour tondre environ 2,5 hectares. À cette fin, le troupeau sera présent d’avril jusqu’en novembre. «  Et l’on sait que c’est très efficace  », précise Stéphanie Anton.

Riverains. Les riverains ont été informés du démarrage de l’opération. Les écoles vont l’être à leur tour. Il est prévu d’installer des panneaux destinés à fournir des informations aux visiteurs sur ce mode d’entretien et à faire figurer les règles à respecter.

Numéro d’astreinte. La bergère va passer trois fois par semaine. Un numéro d’astreinte est mis en place 24H/24 en cas de nécessité (06 51 13 74 45)

Projet pour une berge de Loire. Un autre projet est en cours d’étude à Orléans, mais il est plus compliqué à finaliser. Il porte en effet sur l’entretien de la berge entre le pont de l’Europe et le pont Joffre, côté nord, le long du chemin cyclable. Il y a en effet des problèmes de sécurité et de déclivité du terrain. La mise en place sur l’un des bassins d’orage, presque à la campagne, était moins problématique.

Lien. -> Le reportage sur France 3 Centre

 

 

 

GreenSheep a mis ses "Ouessant" à Paris

Créée en 2016 par Paul Letheux, GreenSheep propose une tonte en éco-paturage. L’originalité de la société est de permettre aux entreprises ou aux collectivités locales d’entretenir leurs espaces verts avec des moutons d’Ouessant.



Quand on entend le concept de modernité, on a tendance, à tort, à imaginer un progrès technique lié à l’industrie mécanique ou technologique. De fait pour parler de modernité dans l’entretien des espaces verts, on pourrait visualiser des tondeuses géolocalisées pilotées par satellites et non un berger avec ses moutons.
GreenSheep, une jeune entreprise française fournit un concept qui nous veut du bien.

« La vision moderne de GreenSheep est d’apporter une solution, ici et maintenant, qui soit la plus en adéquation avec l’environnement en réduisant les coûts. »
 

Après un essai concluant aux abords du périphérique, la ville de Paris a ouvert 2 parcelles dans la ville, le 1er mars à la porte de Vincennes, et 2 autres parcelles le 2 mars à la porte Dauphine.

12 moutons gambadent au gré de leurs envies dans des espaces dédiés et finement entretenus.
L’initiative de GreenSheep va au-delà d’une rentabilité plus qu’avérée de son concept.
En plus d’un service pertinent et performant, GreenSheep c’est :

 

· participer à la sauvegarde d’une espèce menacée

· dépolluer une activité énergivore et bruyante

· régénérer un écosystème par le retour des animaux sauvages dans des lieux désertés

· recycler la laine par l’intermédiaire d’associations spécialisées

· générer des liens avec le vivant autour des entreprises.

L’entreprise travaille déjà avec des groupes renommés comme la SNCF, L’Oréal ou le Crédit Agricole mais également avec des PME.
Aujourd’hui GreenSheep tient un cheptel de plus de 300 moutons répartis sur l’ensemble du territoire français.
La solution de GreenSheep revient à une économie moyenne de 25% par rapport à une tonte traditionnelle en fonction du terrain et des exigences de tonte.

SiteWebFacebook

 

 

En bref

Les initiatives visant à offrir une solution alternative et écologique pour l’entretien des espaces verts se multiplient sur l’ensemble du territoire national. Quelques exemples :

RFF. Cela remonte à octobre 2014 : dans le cadre de sa politique de développement durable, RFF Centre Limousin (Réseau ferré de France) a mené des opérations d’éco-pâturage sur le réseau ferroviaire, en particulier à Saint-Denis de l’Hôtel (Loiret). Une initiative ayant pour but de maîtriser la végétation sur les lignes par le travail d’animaux.

Le Département du Loiret. Dans le cadre de sa politique en faveur du développement durable, le Département du Loiret, a mis en oeuvre une première opération d’éco-pâturage au collège La Vallée de l’Ouanne de Château-Renard en mai 2016.
Et presqu’un an après, dans le cadre de son schéma départemental des espaces naturels sensibles Loiret, capital Nature et de son Agenda 21, le Département a réalisé un test d’écopâturage depuis la mi-mars : un troupeau de 12 moutons d’Ouessant a été installé pour pâturer quatre emprises de bassins de rétention le long de la RD 2060 sur la commune d’Auvilliers-en-Gâtinais.
Des communes comme Ingré. La commune d’Ingré, dont le maire Christian Dumas est désormais vice-président d’Orléans Métropole, délégué au développement durable, a inauguré une opération d’éco-pâturage à l’enclos des moutons, rue du Val d’Orléans, début janvier.

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