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06/11/2017

Grande avancée pour la gestion de l’océan grâce à un nouvel outil de production de données scientifiques

Dévoilée le 5 octobre dans le cadre de la conférence Notre Océan organisée à Malte, une nouvelle méthode standardisée de recherche océanographique pourrait faire évoluer la compréhension des schémas de répartition de la vie marine profonde, ainsi que des facteurs environnementaux qui les influencent.

 

Les scientifiques pourront désormais dresser un tableau plus précis des tendances qui caractérisent la biodiversité océanique et de la façon dont les activités humaines les influencent.

 

Ce nouveau protocole de recherche, développé par 16 grands spécialistes des sciences marines, est conçu pour être applicable, quelle que soit la discipline – chimie, géophysique, biologie ou encore écologie des océans –, de telle sorte que les informations mesurées et enregistrées à propos des eaux profondes soient facilement comparables d’un projet à l’autre et d’une zone à l’autre.

 

Alex Rogers, professeur de biologie de la conservation à l’Université d’Oxford et directeur scientifique du Nekton Oxford Deep Ocean Research Institute, estime que cet outil est essentiel si l’on souhaite gérer de façon durable les eaux profondes.

 

« Pour améliorer la gestion durable de l’océan, nous avons besoin de données exploitables », explique Alex Rogers, également l’un des scientifiques à l’origine du nouveau protocole désigné par l’acronyme GOSSIP (General Ocean Survey and Sampling Iterative Protocol ou Protocole itératif général de relevé et d’échantillonnage en mer). « GOSSIP permet aux océanographes de mesurer des indicateurs physiques, chimiques et biologiques standardisés et de générer des données comparables sur le fonctionnement, l’état et la résilience de l’océan. Il contribuera ainsi à l’amélioration de la gouvernance des océans. »

 

En raison d’évolutions technologiques considérables, les scientifiques ont collecté plus de données sur l’océan ces deux dernières années que jamais auparavant. S’ils utilisent différents protocoles et systèmes d’observation, il n’existait pas jusqu’ici d’approche pluridisciplinaire standardisée pouvant être appliquée dans le monde entier.

 

Les scientifiques ont recours à différentes techniques d’échantillonnage dans différentes zones géographiques et il leur est difficile, voire impossible, de comparer avec précision la faune, la flore et les milieux observés d’une zone à l’autre. Ceci a limité la production de résultats scientifiques et de données exploitables permettant d’étayer les décisions de gestion de l’océan.

 

Le protocole GOSSIP crée une approche structurée qui pose une liste de variables océaniques (telles que la composition du plancher océanique ou l’oxygène dissous), les raisons de leur importance, les méthodes d’échantillonnage, les méthodes de traitement et d’autres critères.

 

Créé à l’aide de lignes directrices sur les meilleures pratiques techniques, il doit permettre d’optimiser l’utilisation des progrès technologiques destinés à la recherche.  

 

« Nous avons là une excellente occasion de renforcer la standardisation de la recherche océanographique », déclare Malcolm Clark du National Institute of Water and Atmospheric Research de Nouvelle-Zélande, un des auteurs de GOSSIP. « Nous serons en mesure de combiner et de comparer des ensembles de données, ce qui renforcera la solidité de nos analyses mondiales et améliorera la qualité de nos informations pour une meilleure gestion régionale. »

 

Le protocole GOSSIP a été testé sur le terrain dans le cadre de l’enquête XL Catlin Deep Ocean Survey, menée par Nekton en 2016. Des scientifiques issus de 12 instituts de recherche y ont participé, employant des outils de recherche scientifique tels que des submersibles habités, un véhicule télécommandé, une cartographie des fonds marins et des échantillons biologiques. Un réseau de neuf laboratoires participants basés au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, à Puerto Rico et en Irlande a ainsi procédé à l’analyse de 40 000 spécimens biologiques et de données pluridisciplinaires.

 


Des informations complémentaires sur le protocole sont disponibles à l’adresse https://nektonmission.org/science/nekton-protocol

Vidéo sur le protocole : https://youtu.be/BGekxHxb4b4


À PROPOS DU NEKTON OXFORD DEEP OCEAN RESEARCH INSTITUTE (www.nektonmission.org)

La mission du Nekton Oxford Deep Ocean Research Institute (Nekton) consiste à explorer les eaux profondes des océans afin de découvrir ce qu’elles recèlent et de faire bénéficier l’humanité de ces découvertes. Nekton mène une recherche scientifique pluridisciplinaire sur l’état des eaux profondes qui sont à la fois l’écosystème le plus crucial mais aussi le moins exploré de notre planète.
Les découvertes de Nekton apportent des informations aux décideurs du monde entier et éveillent l’intérêt du public en vue d’accélérer le changement. Le Nekton Oxford Deep Ocean Research Institute est une association britannique dont le siège se situe à Oxford.

 

À PROPOS DE XL CATLIN DEEP OCEAN SURVEY (www.nektonmission.org/mission-i)

L’enquête XL Catlin Deep Ocean Survey est la première mission de recherche scientifique pluridisciplinaire menée par Nekton pour examiner l’état des eaux profondes autour des Bermudes, en mer des Sargasses et dans l’Atlantique nord-ouest. 
La mission a pour objectif de créer, développer et tester sur le terrain une nouvelle méthodologie standardisée pour les biologistes marins du monde entier dans le but d’analyser la fonction, l’état et la résilience des eaux profondes de l’océan. Les résultats scientifiques seront dévoilés lors du Sommet sur le risque océanique organisé aux Bermudes en mai 2018.

 

À PROPOS DE OUR OCEAN, MALTE (www.ourocean2017.org)
L’Union européenne accueille la 4e conférence Notre Océan / « Un océan pour la vie » à Malte les 5 et 6 octobre prochains.
Lancées en 2014, les conférences annuelles #NotreOcéan / #OurOcean ont pour objectif de mobiliser les pays, les entreprises et le secteur associatif afin qu’ils prennent des engagements ambitieux sur des actions mesurables dans le but d’assurer des mers saines, propres, sûres et sécurisées.
Pour la première fois, l’édition 2017 verra des engagements importants de la part du secteur privé, transmettant ainsi au monde un signal fort de la détermination des entreprises.

 

CO-AUTEURS DU PROTOCOLE

· AUTEUR PRINCIPAL : ALEX ROGERS : Alex et professeur de biologie de la conservation au Département de zoologie de l’Université d’Oxford, directeur scientifique du Nekton Oxford Deep Ocean Research Institute et du programme International Programme on the State of the Ocean. Il a dirigé et participé à 20 grandes expéditions marines, notamment en coordonnant des équipes de plongée technique. Son travail sur la politique de la mer l’a amené à travailler sur des projets pour l’Autorité internationale des fonds marins de l’ONU, la Division des affaires maritimes et du droit de la mer de l’ONU, l’UICN, la Commission Océan Mondial et l’Organisation mondiale de législateurs pour un environnement équilibré (GLOBE) du G8+5. 

· DOMINIC ANDRADI-BROWN : Université d’Oxford (écologie des récifs coralliens mésophotiques, plongée technique).

· ANDREW BRIERLEY : Université de Saint Andrews, Royaume-Uni (écologie pélagique, acoustique)

· MALCOLM CLARK : National Institute of Water & Atmospheric Research, Nouvelle-Zélande, directeur du Census of Seamounts Project, conseiller auprès de l’UICN, International Network for Scientific Investigations of Deep-Sea Ecosystems (INDEEP) (écologie des monts sous-marins et pêche en eau profonde).

· DOUGLAS CONNELLY : Global Ocean Observing System (GOOS), Université de Southampton (chimie marine, capteurs chimiques)

· KERRY HOWELL : Université de Plymouth, Royaume-Uni (biologie des eaux profondes)

· KATRIN LINSE : British Antarctic Survey, Royaume-Uni (écologie benthique des régions polaires)

· ROBERT HALL : Université d’East Anglia, Royaume-Uni (océanographie physique)

· VEERLE HUVENNE : Université de Southampton, Royaume-Uni (cartographie des fonds marins et habitats)

· REBECCA ROSS : Université de Plymouth, Royaume-Uni (écologie prédictive, écologie benthique)

· PAUL SNELGROVE : Census of Marine Life, Deep Ocean Stewardship Initiative (DOSI), Université Memorial de Terre-Neuve et du Labrador, Canada (écologie benthique des eaux profondes)

· PARIS STEFANOUDIS : Chercheur post-doctorant au Nekton Oxford Deep Ocean Research Institute (épifaune et endofaune benthiques)

· TRACEY SUTTON : Université Nova Southeastern, États-Unis, Deep-Pelagic Conservation Working Group, Global Ocean Biodiversity Initiative (écologie mésopélagique)

· MICHELLE TAYLOR : Université d’Essex, Royaume-Uni (écologie benthique d’eau profonde)

· TOM THORNTON : Université d’Oxford, Royaume-Uni (anthropologue – connaissances écologiques indigènes)

· LUCY WOODALL : Université d’Oxford, directrice de recherche à l’institut Nekton, Royaume-Uni, conseillère auprès de l’UICN, Commission OSPAR, gouvernement du Royaume-Uni, Natural England (écologie des eaux profondes et pollution plastique)

 

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