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Economie
28/02/2014

L’Agriculture en Région Centre : une image qui commence à se renouveler

Le lancement de la marque « C du Centre » a connu son succès médiatique par l'intermédiaire de la chaîne CampagnesTV. Le président François Bonneau et cinq représentants d'entreprises adhérentes de "C du Centre" se sont retrouvés, mardi 25 février, sur le plateau aménagé dans le Hall 4 du Salon de l'Agriculture pour valoriser leurs méthodes, valoriser l'agriculture et la filière agro-alimentaire, ainsi que l'image de la Région Centre...

"Nous croyons fermement à "C du Centre." C’est la possibilité d’associer un territoire et des produits de qualité. C’est une force nouvelle pour la commercialisation à l’extérieur, et je félicite les pionniers de la valorisation des nos produits", martèle François Bonneau, en inaugurant l’Espace Région Centre sur le Salon de l’Agriculture à Paris, mardi 25 février.

"Nous avons déjà des contrats d’appui aux filières, construits avec la profession. C’est avec la même préoccupation de la proximité que nous envisageons avec enthousiasme et volontarisme la gestion des fonds européens, dont nous allons avoir la responsabilité. Nouveaux produits, nouveaux traitements, nouveaux modes de transformation… La recherche et l’innovation doivent être mobilisés au service de l’Agriculture."

 

 


Champion du secteur agroalimentaire, Ebly a fait de l’innovation en transformant le blé.

 

"La signature « C du Centre » représente une réelle opportunité pour les agriculteurs et leurs productions"

"Je me réjouis du caractère collectif de cette présence régionale : rotation sur les stands, dans les animations… Cela permet une bonne valorisation de notre investissement régional, une attractivité vis-à-vis des visiteurs, et la naissance de synergies entre les entreprises", énonce Jean-Pierre Leveillard, président de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles en région Centre.

"La signature « C du Centre » représente une réelle opportunité pour les agriculteurs et leurs productions. Bâtir ce concept a été un long travail, qui commence à porter ses fruits. C’est une fierté que nos productions agricoles contribuent à construire l’identité de la région"

Il faut savoir que 11% des producteurs en Région Centre sont diversifiés.

"Le consommateur ne veut plus acheter des produits anonymes"

Pour François Bonneau, "il faut donner plus de force aux producteurs, surtout lorsqu’il y a une diversité. Le consommateur ne veut plus acheter des produits « anonymes ». "C du Centre" est une réponse pour dire que ce sont des produits de proximité et de qualité, produits par des personnes que vous pouvez rencontrer".

"Le Salon international de l’Agriculture n’est pas hors-sol", ajoute Le président de la Région Centre. "Nos concitoyens ont un rapport avec l’agriculture qui s’affirme d’année en année. La reconnaissance entre les producteurs et les consommateurs permet de poser des valeurs humaines
L’agriculture ne se résume pas à la production céréalière qui part à l’autre bout du monde, même si l’on voit de la transformation avec Ebly. Consommer est un phénomène de société."

Etre à l’écoute des professionnels

En région Centre, l’Agriculture est assez structurante, résume le préfet Pierre-Etienne Bisch. Mais il considère que "ce qui est important c’est d’être en permanence à l’écoute des professionnels, pour être en mesure d’analyser les choses et d’envisager les solutions les plus utiles et les moins contraignantes possible pour eux. Être en dialogue avec la partie rurale de notre territoire est tout à fait central."


Le préfet Pierre-Etienne Bisch en compagnie de la députée
d’Eure-et-Loir, Laure de la Raudière (de face)
.

Les préfets ne viennent pas souvent au Salon de l’Agriculture. Avant Pierre-Etienne Bisch, qui devra observer une période de réserve à partir du 6 mars en raison des élections, le précédent préfet de la Région Centre à avoir effectué le déplacement était Jean-Michel Bérard. François Bonneau se souvient de l’année : 2007. Jean-Michel Bérard est aujourd’hui au Conseil d’Etat après avoir été préfet du Nord – Pas-de-Calais.

 Patrice Dézallé

Régime de disette ?

L’agriculture de la région Centre est elle soumise à un régime de disette ? Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret en visite sur la Salon, s’étonne en tout cas voire s’inquiète à juste titre du faible nombre d’exposants présents sur l’espace régional, lui-même restreint. A tel point qu’aucun représentant du Loiret n’est présent.

La surface a été volontairement réduite pour que toutes les régions puissent être regroupées au même étage. La Région Centre a fait de la place à celles qui étaient en-dessous auparavant.

Mais il y a aussi le fait que les Départements ont réduit voire annulé leur soutien financier, de même que les chambres d’agriculture.
Le stand Prestige reste toutefois financé à parité par la Région Centre et la chambre régionale d’agriculture, souligne Jean-Pierre Leveillard.

Ce dernier fait remarquer que la diversité des produits présentés est préservée : biscuits, blé précuit, vins, lentilles vertes, jus de fruits, confitures, huiles, fromages de chèvre, rillettes et charcuterie, miel...
Certains exposants comme Plou et Dutertre sont même fidèles depuis de nombreuses années, alors que d’autres sont nouveaux, comme les Sablés de Nançay et les Cochonnailes du Haut-Bois.


La délégation officielle de la Région Centre a trouvé une sympathique compensation avec une invitation d’Isabelle Schmidlin sur l’Espace de l’Odeadom, l’office agricole au service du développement de l’économie agricole ultramarine. Cette région est la nouvelle terre d’élection d’Isabelle Schmidlin, dont le successeur comme directeur régional de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt en région Centre - François Projetti - était présent.

 

La lentille du Berry fait les yeux doux au Salon

"Le Salon, il faut y être même si l’on n’y gagne pas d’argent. On a des retours presse qui sont intéressants ultérieurement". C’est ce qu’explique Cécile Taillandier, responsable de la société Cibèle, qui commercialise la lentille verte du Berry, au sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur.

À propos de la marque « C du Centre », la société Cibèle l’a adoptée. "Nous, nous sommes de bonne volonté. Et c’est sans doute une bonne chose de faire partie d’une action collective. « C du Centre » a l’avantage d’être interdépartemental ce qui permet aux uns et autres de mieux se connaître", explique Cécile Taillandier.

A signaler que la la lentille verte du Berry peut être mise à germer en cinq jours. Elle s’avère alors une source de protéine végétale intéressante.

 

Sur le plateau de "Nos terroirs ont du talent"

"C du Centre" évoqué pendant une heure sur le plateau de CampagnesTV pour l’émission "Nos Terroirs ont du talent".

Maryse Jacquin-Salomon, qui fait également partie du réseau Bienvenue à la Ferme, une autre marque connue dans les circuits courts (9.000 adhérents en France) explique qu’elle s’est reconvertie dans l’héliciculture (l’élevage d’escargots) il y a 23 ans après avoir été salariée dans l’imprimerie. La société produit aujourd’hui 350.000 escargots cuisinés par an, ce qui représente environ 6 tonnes de vifs.
 

Emmanuel Vasseneix, PDG du groupe LSDH rappelle que la Laiterie de Saint-Denis de L’Hôtel a été créée par une cinquantaine d’agriculteurs-éleveurs. Ensuite, la spécialisation des territoires, encouragée par l’Europe, a entraîné une redistribution des cartes. Or, la Région Centre n’est pas typiquement considérée comme une région d’élevage. Alors, à partir de 1985, une stratégie de diversification est engagée notamment vers le conditionnement de jus de fruits, de façon à valoriser le savoir-faire des salariés.

François Bonneau boit du petit lait puisqu’il prône l’innovation. "Il faut innover en pensant à l’avenir et en s’appuyant sur une réalité industrielle et sur une réalité de production. C’est ainsi que l’on constitue des filières d’excellence. Innovation dans les techniques d’emballage, dans la logistique, et même dans l’organisation sociale", ajoute-t-il. Il consacre aussi un couplet à la rotation des cultures, qui permet de produire des céréales de qualité.

Et c’est justement le pari d’Agropithiviers, Coopérative agricole du nord du Loiret, comme l’explique son directeur général, Michel Bartolo. La société est engagée dans une démarche de développement durable. Le cahier des charges prévoit par exemple l’assolement et la rotation des cultures grâce à une diversification. "Le zéro additif, c’est déjà possible sur certaines productions", assure Michel Bartolo.

Pour sa part, Laurent Benoist, résident de la fédération des vins du Loir-et-Cher, qui exploite personnellement 9 ha sur les appellations cheverny et cour-cheverny, évoque notamment les espoirs placés dans le Vinopôle créé à Amboise.

François Bonneau fait remarquer que "le vin s’intègre bien avec le tourisme et la gastronomie". Il se dit aussi conscient qu’il faut faciliter l’installation des jeunes et l’image collective du vin. "Développer l’hôtellerie et la restauration ouvrira une fenêtre pour les viticulteurs de la région."
A retenir aussi que pour Emmanuel Vasseneix, il n’y a pas d’incompatibilité entre l’industrie et la qualité des productions. Il fait d’ailleurs partie des fondateurs du Forum AgriFood dont la première édition va se tenir à Orléans en novembre 2014.

Patrice Dézallé

Nous ajouterons la vidéo de l’émission lorsqu’elle sera disponible

 

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