logo puissance 2d

Economie
28/01/2016

L’Economie Sociale et Solidaire : portrait chiffré en Centre-Val de Loire

Le cycle des Matinées de l’Observatoire, organisées par la CRESS Centre-Val de Loire, vient de reprendre en 2016 avec la présentation de l’Atlas des chiffres clés de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) en région Centre-Val de Loire. Cette 3e édition va plus loin que les précédentes sur la plupart des secteurs d'activité, en particulier les trois secteurs dans lesquels l’économie sociale et solidaire est le plus représentée : l’Action sociale, les Activités financières, et l’Enseignement...

Dominique Sacher, président de la CRESS Centre-Val de Loire, rappelle les critères ou/et valeurs qui distinguent l’économie sociale et solidaire des autres : la finalité sociale, une gouvernance démocratique, et une gestion responsable.
Il faut savoir que depuis le 1er janvier 2016, des sociétés commerciales peuvent intégrer l’ESS, si elles s’engagent sur ces critères.

L’atlas, lui, permet de rendre disponibles un socle de données fiables, de partage une culture, et de comprendre l’évolution des emplois et des établissements, souligne Antoine Barot, chargé d’étude à l’observatoire.
L’ESS représente 85.272 salariés soit 10,5% des emplois régionaux, au niveau de la moyenne nationale. Il s’agit essentiellement d’activités de service, à 48% dans l’action sociale (aide à domicile, aide par le travail, accueille de jeunes enfants, etc.) à 14% dans le secteur Banque-Assurance, et à 13% dans l’Enseignement.

En région Centre-Val de Loire, le poids des coopératives et des mutuelles est plus important que dans d’autres régions.

Du côté de l’emploi, l’ESS a enregistré localement une hausse de 15.000 emplois en quinze ans alors que l’économie privé, hors ESS, perdait plus de 42.000 postes.
Mais il y a une stagnation. Et les effectifs salariés sont plus vieillissants. Il va donc falloir anticiper les départs à la retraite par de la formation et la transmission des savoir-faire, fait remarquer Antoine Barot.

L’Action sociale tributaire des financements publics et donc des contraintes budgétaires


Marc Monchaux, directeur général de l’Aidaphi

Dans le secteur de l’Action sociale, l’ESS représente 58% des salariés, soit plus de 12.000 postes. Mais la conjoncture est compliquée, explique Marc Monchaux, directeur général de l’Aidaphi Centre-Val de Loire. "Tributaires à 100% de financements publics jusqu’à maintenant, il nous faut évoluer, réagir et rebondir. Construire davantage plus de coopérations et d’implications partenariales. Ouvrir aussi la démocratie participative. Il est nécessaire d’hybrider nos ressources, humaines et financières".

L’Aidaphi (Association Interdépartementale pour le Développement des Actions en faveur des Personnes Handicapées et Inadaptées) emploie environ un millier de personnes dans la région et compte une soixantaine d’établissements et services sur 5 départements.
Médico-social, CMPP (centre médico psycho-pédagogique), dépistage précoce pour le handicap, établissements d’hébergement pour des enfants ayant des troubles du comportement, ESAT (centres d’aide par le travail), prévention spécialisée vis-à-vis des jeunes en perte de repères, etc. font partie du périmètre. Le CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) et le Nid sont adossés à l’Aidaphi.

Banque et assurance : une culture spécifique revendiquée notamment par le Crédit Mutuel et le Crédit Coopératif

 

Jean des Vaux (Crédit Mutuel) et Hervé Renault (Crédit Coopératif)

Près de 46% des salariés de l’ESS sont dans le secteur Banque-Assurance, qui comprend surtout des coopératives bancaires et des mutuelles, mais aussi quelques associations comme l’ADIE (micro crédit).

Les banques coopératives ont été créées il y a 120 ans par des entreprises qui étaient exclues du crédit par les institutions en place, rappelle Hervé Renault, du Crédit Coopératif. Ce qui n’est pas sans évoquer l’émergence récente du crowdfunding ou du crowdlending aujourd’hui.
Il faut savoir que deux-tiers des clients bancaires en France ont un compte dans une banque coopérative. Ces banques appartiennent à l’ensemble des sociétaires. "La gestion y est démocratique et participative" assure Jean Des Vaux, du Crédit Mutuel du Centre.
Pour preuve, il y a par exemple 820 élus pour quelque 1.100 salariés au Crédit Mutuel du Centre. "La collecte des dépôts et le financement de l’économie locale restent la principale activité".
Cette banque a aussi une Fondation pour la lecture, par exemple.

Le Crédit Coopératif, pour sa part, a été le premier à créer le premier Fonds de partage, en 1983 avec le CCFD (comité contre la faim dans le monde). Ce Fonds permet de financer des activités de l’Economie sociale et solidaire. Une soixantaine d’associations en sont aujourd’hui bénéficiaires, comme France Nature Environnement, l’UNAPEI, Centre Actif, Habitat et Humanis, ou la Fondation Abbé Pierre.
Il existe aussi un compte Agir, qui est complètement transparent sur le circuit de l’argent, depuis les entrées jusqu’aux destinations. Et le Crédit Coopératif n’a pas d’implantation dans les paradis fiscaux, assure Hervé Renault.
Il se distingue également pour avoir mis en place l’équivalent de la taxe Tobin sur les opérations de change : un prélèvement de 0,001% qui permet de financer de l’habitat écologique dans des pays qui en ont besoin.
Signalons aussi qu’il y a une Fondation qui dote de l’innovation sociale. En résumé, "on peut faire de la finance utile", indique Hervé Renault.
Dominique Sacher signale d’ailleurs que France Active a levé dernièrement 13 millions en fonds propres grâce à cela en région Centre-Val de Loire.

Maisons familiales et rurales : un sillon de 80 ans dans l’enseignement par alternance
Pour la partie enseignement, Gérard Guyon parle du mouvement des MFR, Maisons familiales et rurales, qui aura bientôt 80 ans d’existence.
Ce mouvement a été lancé sur une base associative pour répondre initialement aux besoins d’agriculteurs de former leurs enfants tout en les rendant disponibles sur l’exploitation, sur le mode de l’alternance. aujourd’hui, le réseau compte 430 MFR en France dont 19 en région Centre-Val de Loire.
Sur environ 8.000 jeunes formés dans l’enseignement agricole en France, environ 27% le sont en MFR. Ces formations sont financées par l’Etat et les Régions. Il existe une association internationale et une Fondation. A signaler que le centre pédagogique national se trouve à Chaingy (Loiret).

Patrice Dézallé

L’atlas fournit une analyse détaillée des données régionales sur l’Economie Sociale et Solidaire, afin de mieux comprendre l’évolution et la répartition de ses acteurs dans l’économie régionale. Il fait ainsi ressortir les principaux enjeux qui attendent ces entreprises pour les années à venir.

CRESS Centre Maison Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire 6 Ter, rue Abbé Pasty à Fleury-les-Aubrais
www.cresscentre

-> Accédez aux données de l’ESS en région Centre-Val de Loire de l’Atlas 2016

Répondre à cet article


Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

 
Les adresses pour consommer local

Suivez-nous