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>> "Les animaux et la Grande Guerre", jusqu'au 28 septembre à Bourges

>> Cannelle et saphir, le voyage oriental des épices et des gemmes,
jusqu'au 31 août 2014, au Muséum d'Orléans

REGION CENTRE

LA GOMMETTE VERTE

Acteurs
21/05/2012

"La construction paille offre une vraie réponse à beaucoup de problématiques contemporaines du bâtiment"

Interview de Philippe Liboureau, directeur du Réseau Français de la Construction Paille, et de Jean-Bapiste Thévard, vice-président de ce réseau, réalisée par Eric Guérémy dans le cadre des Rencontres de la construction paille qui se tiennent du 25 au 27 mai à l’école d’ingénieurs d’Orléans (cliquer sur la bannière).

L’Orléanais Jean-Baptiste Thévard, après avoir dû abandonner l’association La Zeco, se donne pour but de participer à la structuration de la filière paille pour l’habitat, en particulier dans la région Centre.

Quels sont les avantages de la construction paille par rapport au bâti traditionnel ? Coût, rapidité et moindre technicité de mise en œuvre, filière courte, performances thermiques ?

Philippe Liboureau (P.L.) : La première réponse qui me vient à l’esprit est la dimension environnementale du matériau et des systèmes constructifs bois/paille.
Il faut savoir que le secteur du bâtiment est responsable de la moitié des émissions de CO2 dans notre pays. La botte de paille est un matériau le plus souvent local n’exigeant aucune transformation et peu de transport. Son recyclage en fin de vie ne pose aucun problème.
D’autre part, du point de vue de la santé des habitants et des professionnels, la paille ne dégage aucun COV (composé organique volatil) ou aucune fibre allergène, voire pire, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des produits industriels du bâtiment. Une analyse de cycle de vie et plusieurs fiches de déclaration environnementale et sanitaire vont bientôt être disponibles et permettront une meilleure information des professionnels et des maîtres d’ouvrage.

Le second avantage est d’ordre social : la paille, ainsi que la grande majorité des matériaux premiers et biosourcés, sans oublier les techniques traditionnelles de mise en œuvre, emploient plus de main d’œuvre pour un coût final équivalent pour l’utilisateur ou le client.

Les critères économiques sont également à prendre en compte : un matériau de proximité comme la paille va engendrer des retombées financières et économiques qui profitent à tous localement et des activités qui ne sont pas délocalisables. Production, transformation et utilisation dans un même secteur géographique par de petites et moyennes structures qui investissent et consomment sur place.

Enfin du point de vue technique :
La paille est un excellent matériau d’isolation thermique pour l’hiver, mais également en saison estivale par opposition aux isolants conventionnels qui n’ont qu’un très faible déphasage. Elle offre également une très bonne isolation acoustique.
La possibilité d’être enduite permet de l’utiliser comme un matériau monomur par opposition à des complexes sandwiches qui outre leur prix posent des problèmes de résistance à la diffusion de la vapeur d’eau et de recyclage.

Jean-Baptiste Thévard (J-B. T.) : La construction paille offre une vraie réponse à beaucoup de problématiques contemporaines du bâtiment comme la performance thermique, la qualité sanitaire, la disponibilité des matériaux, la valorisation du savoir faire de l’artisan.

Sa durabilité est éprouvée, sa technicité est faible, accessible et reproductible indépendamment des groupes industriels. On a une valorisation des circuits courts et bien évidemment un stockage de CO2 par opposition aux émissions de GES du bâtiment classique.

Est-ce un débouché supplémentaire viable sur le long terme pour l’agriculture par rapport au fait que la paille non ramassée se substitue aux intrants chimiques ou organiques ou qu’elle peut être utilisée comme fourrage, notamment en période de sécheresse ?

P.L. : Oui, si l’on considère que 10% à 15% de la seule paille de blé produite annuellement en France permettrait de réaliser tous les logements neufs individuels et collectifs construits par an dans notre pays.
Il ne faut pas mettre en concurrence la paille/construction et la paille/énergie : que ce soit en brûlant la paille dans des chaudières ou en la transformant en éthanol. Car, vaut-il mieux :
- Construire des maisons passives en paille
- Se servir de la paille pour alimenter en énergie des process industriels et du transport pour fabriquer et acheminer des matériaux permettant un résultat similaire. C’est un petit peu le même paradoxe que la bouilloire sur une plaque électrique (chauffer de l’eau pour produire de l’électricité qui après acheminement va permettre de chauffer de l’eau).

J-B.T. : Selon moi c’est un débouché viable dont l’intérêt économique pour la filière agricole est extrêmement faible, aussi faible que l’impact de la ponction sur les stocks de paille.
10 tonnes sont nécessaires pour une maison. Or, 8,5 millions de tonnes sont produites par an rien qu’en région Centre.
Le stock de paille est extrêmement important au regard de la consommation et la ponction pour la construction est très très loin de la ponction liée au fourrage ou au retour à la terre.

Quelles sont les perspectives d’habitats construits en paille pour les 10 prochaines années ? Quels seraient les impacts en termes économiques et environnementaux à 10 ans ?

P.L. : Les études que nous menons, comme par exemple avec la Région Centre, nous permettent d’avoir une photographie assez nette de l’état des lieux à un moment donné et de l’évolution sur quelques années (3 à 4 années).
Pour faire de la prospective, il nous faudrait plusieurs photographies à des dates différentes. Les perspectives vont dépendre étroitement du développement de la filière en région et des partenariats envisagés notamment avec les professionnels de la filière bois.

Néanmoins, je pense que la construction paille va suivre l’évolution que l’on constate dans la construction bois : la part de marché de la construction bois est passé de 4% à 12% entre 2001 et 2011 et devrait se situer aux alentours de 20% avant 2020 soit 40.000 bâtiment en bois par an mais avec de grosses disparités régionales.

Les autres critères sur lesquels nous fondons des espoirs, sont par exemple, la vente de 900 exemplaires de l’édition des ‘’Règles professionnelles de la construction paille’’ en l’espace de 6 mois depuis leurs parutions et la demande croissante de professionnels (architectes et charpentiers) pour nos formations depuis le début de l’année.

J-B.T. : Avec ambition, lorsque nous avons rencontré le conseil régional du Centre il y a 2 ans, nous avions pensé qu’en 10 ans il serait possible de réaliser 10% des constructions neuves, ce qui représenterait 1.500 bâtiments par an. Nous en sommes encore très loin, mais la sortie des règles professionnelles, la structuration de la filière, la compréhension des problématiques énergétiques (pic pétrolier, réchauffement climatique), la diversité et la qualité des expérimentations ainsi que le développement de la recherche ont tendance à faire croitre de manière exponentielle la courbe des demandes.

Les collectivités ont vent des projets de groupes scolaires, locaux commerciaux ou culturels en paille et commencent d’ores et déjà à chercher des projets à mener avec ce matériau.
Grâce à l’arrivée des règles professionnelles, une période transitoire de 5 ans sera nécessaire pour une pleine existence de la paille dans la construction au travers des appels d’offres lancés par les collectivités. Ceci bien évidemment si les régions structurent les filières, si l’Etat soutient et finance la recherche, la réglementation et la formation.
La construction en paille s’inscrit de manière très claire dans la logique de transition énergétique et de résilience des territoires face au pic pétrolier. C’est donc un secteur complètement tourné vers l’avenir. Ce n’est pas une spécificité franco française, mais internationale.

Le choix de la région Centre comme modèle pilote pour le développement national à venir semble dicté par la philosophie d’une filière courte, cela signifie-t-il que la construction paille risque d’être à la marge sur les régions ‘’moins céréalières’’ ?

P.L. : C’est une question intéressante, je la reformulerais par "peut-on et doit-on utiliser la paille partout, même sur des territoires qui n’en produisent pas ou pas suffisamment ? ".La réponse environnementale est plutôt négative, mais il faut la nuancer.
Lorsqu’on observe l’habitat traditionnel, on voit que chaque région de France et du monde a su tirer parti des matériaux locaux pour construire. On peut considérer que cette démarche devrait rester prépondérante, mais je pense que :
- La solution pour juger de l’adéquation d’un matériau à son utilisation dans un lieu donné est l’étude comparative de l’impact environnemental d’un bâtiment selon les différents systèmes constructifs envisagés lors de son édification, de son utilisation et de sa démolition.
- Aucun matériau n’est universel, mais certains ont des atouts non négligeables même en dehors de leur zone de production et la paille en fait partie.

J-B.T. : Le choix de la région Centre comme région pilote n’est pas pour servir de modèle au développement national. Il vise principalement à définir une méthodologie de structuration région par région qui soit fédérée par le Réseau français de la construction paille.

La construction paille fonctionne en circuit court parce que la production de paille est extrêmement décentralisée, qu’il y a 200.000 producteurs de paille sur tout le territoire national et il n’existe à ma connaissance aucune région qui peut être contrainte à "importer" de la paille pour la construction.
Le nombre de producteurs, le stock disponible offrent à la construction paille un réservoir suffisant pour ne pas amputer d’autres usages qui, eux, sont souvent plus contestables (stabulations industrielles, paille énergie...) !
Donc, la variation géographique de la production céréalière n’est pas un frein au développement de la construction paille, même dans les régions les moins productrices.
Le choix de la région Centre est symbolique car ce n’est pas à proprement parlé la région qui compte le plus de construction ou d’acteurs.

Les variétés céréalières à tiges courtes sont-elles compatibles avec les exigences de la construction paille ?

P.L. : Oui, elles sont tout à fait compatibles. Si la botte de paille doit être manipulée un certain nombre de fois, il est évident que la préférence va vers une paille à tige longue. De même, si la botte de paille doit être enduite, une paille à tige longue est préférable car plus adhérente en terme de support.

La saisonnalité de production de la matière première suppose des capacités de stockage et de transformation adaptées. Quels sont les modèles logistiques susceptibles d’être testés en région Centre ?

P.L. : Vous mettez le doigt sur une des problématiques inhérentes aux matériaux premiers d’origine végétale :
Il y a quelques années en arrière, et ce n’est pas si loin, la production de la matière première, la saisonnalité dans les travaux du bâtiment étaient intégrées aux réflexions. Aujourd’hui, nous avons oublié que le temps est une des composantes de nos sociétés : le temps (horaire), par exemple, fait partie des notions du bioclimatisme et, aussi bien dans le bâtiment que dans nos sociétés, nous devrions tenter de retrouver un rapport au temps qui nous permette de poser les bases d’une société plus féconde.
Les problématiques de stockage ont malgré tout été abordées dans le travail que nous réalisons avec la région Centre et devraient donc faire l’objet d’une étude.

J-B.T. : La saisonnalité n’est pas un frein à ce jour mais pourrait le devenir. Trois hypothèses logistiques seront évaluées en fonction des modèles de production de murs en paille.
Pour un usage artisanal et occasionnel de la paille qui s’appuiera sur les circuits courts avec un lien direct artisan/agriculteur, toujours décentralisé, le chantier permet le stockage en sécurité.
Pour les usages plus récurrents et les entreprises qui réaliseraient de nombreuses maisons sur chantier, ou encore pour les chantiers réalisés en milieu urbain dont le stockage n’est pas évident, la centralisation de bottes de paille de construction sera une piste à explorer.
Pour la production en quantité (préfabrication), des unités de production spécifiques capable de répondre à des besoins de l’ordre de milliers de tonnes de bottes standardisées n’est pas à exclure (expérience autrichienne).

Les fabricants de matériel agricole sont-ils déjà sur les rangs pour fournir des solutions adaptées aux besoins ou bien la transformation de la matière première intéresse-t-elle d’autres types d’industriels ?

P.L. : Il n’existe pas à l’heure actuelle de travail spécifique sur ces critères. De nouvelles botteleuses pour de la petite botte ont été développées par plusieurs marques. Elles donnent des résultats excellents en termes de régularité de dimensionnement et de masse volumique, paramètres indispensables à un “standard” du matériau en vue du développement de la filière construction paille.
D’autres pistes sont déjà exploitées, comme la production de bottes de paille en atelier ; deux entreprises en France, une dans l’est, et une très proche en région Pays de Loire (Sarthe).

J-B.T. : Aujourd’hui, seule la préfabrication de bottes et de parois en atelier peut être un débouché pour des logiques industrielles.

Propos recueillis par Eric Guérémy

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