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29/06/2012

Tramway : Orléans dans le club des 300 mondiaux

Orléans conforte sa place dans le club des 300 villes dans le monde qui ont un tramway. C’est ce que souligne le préfet de région Michel Camux, ce vendredi 29 juin, jour inaugural de la deuxième ligne de ce transport collectif en site propre dont la première ligne avait été créée il y a plus de dix ans par l’équipe socialiste. L’agglomération d’Orléans Val de Loire est ainsi la première en France à avoir deux lignes de tramway, pour un total de près de 30km. A tester à volonté dès ce samedi 30 juin, d’autant plus que le transport est gratuit. Et à utiliser ensuite sans modération car c'est un mode de transport pratique, économique et non polluant.

Ce vendredi 29 juin 2012 est un moment historique pour Orléans et son agglomération, comme le souligne Charles-Eric Lemaignen, président de l’AgglO, à l’occasion de l’inauguration de la deuxième ligne du tramway.
Deux rames sont parties depuis chaque extrémité de ce nouveau parcours traversant, d’Est en Ouest, avec une bifurcation au pied de la cathédrale ; elles se rejoignent en même temps en centre-ville, place Charles De-Gaulle, en présence de plusieurs centaines de personnes. C’est à cet endroit que cette nouvelle ligne croise la première.
En ce 29 juin, deux petits aléas sans grande conséquence sont venus « perturber » le déroulement de l’inauguration : d’un côté une voiture de La Poste arrêtée sur une partie de la plateforme, faubourg Madeleine, mais vite déplacée, et de l’autre côté, rue Jeanne d’Arc, non pas un défilé mais un sit-in de manifestants, organisé par NPA (le nouveau parti anticapitaliste) qui réclame la gratuité totale de ce moyen de transport.

Une offre globale de transports

 
 

Cette situation inspirera un trait d’humour à Eric Doligé, sénateur et président du conseil général du Loiret : « Quand on crée un service public, on crée la capacité à organiser des manifestations, c’est à cela que nous voyons que nous sommes bien en France ».
Charles-Eric Lemaignen rappelle que le tramway ne pourrait pas remplir sa fonction première de transport efficace s’il n’y avait pas eu une réorganisation de l’ensemble du réseau des transports en commun dans l’agglomération et une interconnexion qui permet de proposer « une offre globale ».

Le prix du silence

La deuxième ligne de tramway a coûté très cher. "Nous n’avons pas construit au rabais", convient Charles-Eric Lemaignen, "mais c’est un choix politique assumé. C’est ainsi par exemple qu’il a pu être rendu le plus silencieux possible".

PHOTOS : PATRICE DEZALLE

 

"Sans la première ligne, il n’y aurait pas eu la seconde"

En fin politique, Serge Grouard, député-maire UMP d’Orléans, a notamment rendu publiquement hommage à son prédécesseur, Jean-Pierre Sueur, aujourd’hui président PS de la commission des lois au Sénat : "Il a eu raison de faire la première ligne du tramway ; sans cela, il n’y aurait pas eu cette deuxième ligne". Ce qui a suscité un certain nombre de "ah !" de reconnaissance et des applaudissements. Hommage aussi à l’adresse de Muriel Chéradame, actuelle adjointe aux transports, à la mairie et à l’agglO, qui a assuré le suivi du chantier.

"Une logique de développement durable"

Elus des communes concernées et financeurs de la ligne B du tramway orléanais réunis sur la même plateforme pour l’inauguration.

"Nous avons voulu réduire au maximum les nuisances inhérentes à un tel chantier, pour les habitants, les riverains et les commerçants", ajoute Charles-Eric Lemaignen. Ces derniers ont reçu plus de 2 millions d’indemnisations, soit quatre fois plus que pour la première ligne.
"Ce projet s’inscrit dans une logique de développement durable, et c’est fondamental. C’est l’enjeu de ce siècle", poursuit Serge Grouard. De plus en plus d’élus se rejoignent d’ailleurs sur cette approche prospective qui prend en compte le développement durable. "Sur l’environnement, je suis d’accord", enchaîne Eric Doligé. "On comprend bien le coût lorsque l’on regarde la qualité des aménagements, et d’autant mieux qu’un tel chantier a permis de faire tourner l’économie. Il a aussi permis à des entreprises françaises de se faire mieux connaître à l’étranger pour la maîtrise de leur technologie". Référence notamment à Alstom.

Et maintenant, Tours...

Orléans n’a donc pas opté pour le low cost. François Bonneau, président de la Région Centre, reconnaît l’importance de ce tramway orléanais comme contribution au développement durable et global de la capitale régionale. "C’est ainsi une agglomération renforcée et cohérente qui pourra compter demain. S’il faut parler de la ruralité, il faut aussi de la qualité de vie dans nos agglomérations. Le tramway est une offre de transport qui coûte moins cher que la voiture et qui est respectueuse de l’environnement. Il contribue à donner du sens". Le président de la Région Centre attend maintenant le lancement du tramway de Tours, prévu pour septembre 2013.

Patrice Dézallé

L’image d’Orléans concourt à l’image du Loiret et de la région Centre

Le conseil général du Loiret participe pour 1/300e au financement du chantier, signale Eric Doligé. Ce qui représente quand même "une certaine somme" (puisque le montant total avoisine les 400 millions. Mais "Nous savons que l’image du département passe par Orléans. La ville a beaucoup bougé depuis dix ans", ajoute le sénateur.

De son côté, François Bonneau indique que "la participation de la région Centre a aussi dépassé l’homéopathie financière, en mobilisant 23 millions". Mais "c’est un projet important car le tram identifie les grandes villes et les grandes agglomérations. Il est essentiel aux circulations collectives, pour des raisons de développement durable et des raisons sociales. Partout sur l’itinéraire on s’aperçoit qu’il y a une dynamique urbaine".

La compatibilité Tram-TER vers Châteauneuf-sur-Loire à l’horizon 2018
François Bonneau se félicite "du travail fait ensemble" et souhaite une bonne compatibilité entre le Tram et le TER jusqu’à Châteauneuf-sur-Loire. Ce projet devrait aboutir en 2017-2018, avec deux points de contact à Saint-Jean-de-Braye : station Ambert du tram, et lycée Jacques Monod.

Dans la ligne du Grenelle de l’environnement
Michel Camux, préfet de région, souligne que 20 milliards de personnes dans le monde sont transportées par un tramway. "Le Grenelle de l’environnement avait inscrit la réalisation de 1.500km de lignes supplémentaires. La 2e ligne à Orléans s’inscrit parfaitement dans le Grenelle de l’environnement. L’Etat a contribué à hauteur de 38 millions à son financement. Il faut ajouter 3 millions en provenance de fonds européens. Cette réalisation dessert des quartiers qui avaient besoin d’être reliés à la ville centre. Les Orléanais apprécieront très rapidement".

 

 

Orléans, vitrine technologique pour Alstom

Le bruit et l’articulation avec le réseau de bus ont été nos deux obsessions, explique Serge Grouard.
Quelles solutions ont été mises en oeuvre pour limiter les nuisances sonores ? Une dalle flottante sous la totalité de la plateforme, explique l’édile orléanais. "On a mis un an et demi à gérer le problème".
Ne reste plus que le bruit de la cloche qui retentit régulièrement pour avertir les piétons du passage du tram. Mais c’est une contrainte de sécurité…

Nous avons travaillé sur les profils de roue et sur l’infrastructure ; les rails sont soudés, ajoute Jérôme Wallut, directeur général d’Alstom Transport France. Au niveau de la plateforme, le gazon absorbe beaucoup de bruits provenant du tram mais aussi de l’environnement.

Jérôme Wallut, directeur général d’Alstom Transport France, devant la nouvelle gamme de tramway livrée à Orléans pour fonctionner sur la 2e ligne. (Photo Patrice Dézallé)

La question sur le bruit est l’occasion pour Jérôme Wallut d’attirer l’attention sur le projet technologique que représente la construction d’un tramway : "Après Bordeaux, Angers et Reims, Orléans Val de Loire est la quatrième agglomération française à mettre en service une ligne de tramway Citadis équipée du système APS, une solution d’alimentation électrique par le sol conçue par Alstom". Du moins dans la portion de la 2e ligne qui traverse le centre ville. De ce fait, il n’y a pas de caténaires. Le tram de Tours bénéficiera également de cette technologie, et celui de Dubaï. "Orléans est ainsi une vitrine de la technologie française. Nous n’arrêtons pas de faire évoluer le produit. Un cercle vertueux est mis en place, depuis la fabrication jusqu’à l’exploitation du tram", ajoute Jérôme Wallut.

Ces technologies n’existaient pas lorsque la première ligne a été construite, occasionnant des nuisances très mal supportées. À propos du bruit, "la physique de transmission des vibrations n’est pas récente. Il y a eu pour cette seconde ligne une détermination des élus pour que la conception de la plateforme corresponde aux attentes de l’environnement", tient à compléter Muriel Chéradame.


À la fois offre de transport et projet urbain, le tramway est aussi "une fantastique aventure humaine".Un tel chantier requiert une somme considérable de compétences. Qu’il n’est pas toujours facile de trouver. "Les chefs de chantier sont sensibilisés à tenir compte des demandes des habitants, par exemple s’il faut déplacer un passage", explique Jérôme Wallut. Quant aux ouvriers, ils ne manquent pas d’ouvrage. Ceux qui étaient à Orléans, sont aujourd’hui en chantier à Toulouse ou à Besançon.

L’exploitation du tram orléanais, de même que la maintenance, est confiée à Keolis, dont le nouveau président, David Azema, ancien directeur général à la SNCF puis chez Arcour (Groupe Vinci) où il a piloté la construction de l’autoroute A 19, était à Orléans ce vendredi d’inauguration.



EN MARGE

Exposition

Jusqu’au 13 juillet à l’agence d’urbanisme d’Orléans, le public peut revivre de façon synthétique l’évolution du chantier, à travers l’exposition de photos et montages réalisés par Yannick Brossard.
Elle sera ensuite itinérante dans les villes sur le territoire desquelles passe cette deuxième ligne, selon un calendrier qui n’est pas encore défini. Une superbe photo donne un aperçu des fouilles archéologiques qui ont été entreprises à cette occasion.

Le cadeau de David Thiberge

David Thiberge, maire de Saint-Jean-de-Braye, a remis à Charles-Eric Lemaignen un « cadeau ». Comme une affiche de cinéma, encadrée, avec le titre : Négociateur….
De première classe. "En souvenir de négociations ardues", commente David Thiberge, qui ajoute que "Nous (élus socialistes) avons eu l’intelligence de ne pas jouer les tontons flingueurs". Refusant de refaire l’histoire, Charles-Eric Lemaignen appelle aujourd’hui à la paix des braves : "Donnez-nous acte d’avoir cherché à faire le projet le plus utile possible". Charité bien ordonnée…

 


 

 

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