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Enjeux/Débats
02/08/2017

Une victoire pour les dauphins !

Après 20 mois de travail entre les professionnels, les ONG et les services du ministère de l’Environnement, le 3 mai 2017, la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal avait signé un arrêté destiné à réglementer les delphinariums français.(1) Ce dernier a été contesté par le Marineland d’Antibes, le Parc Astérix et Planète sauvage. Ce lundi matin 31 juillet, la demande de suspension de l’arrêté était donc discutée devant le Conseil d’État. Sa décision : l'arrêté serait bien légal. Seule l’obligation de trouver une alternative au chlore dans un délai de 6 mois a été suspendue. Réaction des associations (C’est assez !, ASPAS et LFDA) qui soutenaient cet arrêté...

La captivité des cétacés en France, bientôt du passé ? Le Conseil d’État vient de rendre sa décision provisoire : l’arrêté de Ségolène Royal qui durcit les règles de détention des cétacés dans les delphinariums, soutenu par plusieurs associations* et attaqué par le lobby des parcs d’attraction, serait bien LÉGAL.
Seule l’obligation de trouver une alternative au chlore dans un délai de 6 mois a été malheureusement suspendue.
Mais les principales avancées, et notamment l’interdiction de la reproduction des orques et des dauphins en captivité, doivent être appliquées jusqu’à la décision définitive du Conseil d’État qui interviendra dans quelques mois.

"Cette avancée historique signe, à terme, l’arrêt des delphinariums sur le territoire français. Mobilisées hier devant le Conseil d’État, nos associations ont soutenu l’arrêté du 3 mai 2017, auquel s’opposaient le Parc Astérix, Marineland et Planète sauvage.

Ces parcs d’attraction, soucieux du nombre de visiteurs, contestaient la légalité de l’arrêté interministériel qui leur impose de prendre en compte le bien-être animal et demandaient sa suspension en urgence.
Face au juge, nos associations ont rappelé que les orques et les grands dauphins appartiennent à des espèces animales « sauvages » ET protégées, que leurs conditions de détention sont déplorables vu notamment le nombre élevé de morts à des âges précoces.

Réceptif aux arguments des associations et du Ministère, le juge a estimé qu’il n’y avait pas d’urgence à suspendre l’arrêté et qu’il ne présentait pas d’illégalité manifeste.

Contrairement aux demandes des parcs, les travaux d’agrandissement des bassins devront être finalisés dans 3 ans, et la reproduction des cétacés abandonnée d’ici novembre 2017.

En revanche, le juge a concédé un délai supplémentaire aux parcs pour la mise en place d’alternatives au chlore utilisé pour la désinfection des bassins mais source de graves lésions pour les cétacés.

Nos associations tiennent à saluer cette étape fondamentale dans la prise en compte, par le droit, des besoins physiologiques et psychologiques des animaux, et espèrent profondément que Nicolas Hulot aura à cœur de veiller au maintien et à la bonne application de cet arrêté.

A l’instar des 12 pays européens qui n’ont pas de delphinariums, et après l’Inde qui a reconnu les dauphins comme personnes non-humaines et interdit leur détention, cette prise de position exemplaire de notre pays est un signal fort aux pays européens autorisant encore la captivité des cétacés.

Le début d’une prise de conscience internationale ?

* C’est assez !, ASPAS et LFDA

 

-> Télécharger l’ordonnance

 

Cet arrêté devrait entrer en vigueur le 7 novembre prochain. Il prévoit des avancées plus respectueuses pour les animaux détenus en captivité telles que : l’interdiction de la reproduction, des dispositions visant à améliorer les conditions de vie des 4 orques et 26 dauphins captifs comme l’interdiction de l’utilisation des produits chlorés dans l’eau des bassins, l’installation de zones protégées du soleil, l’augmentation du volume des bassins et leur enrichissement d’ici 3 ans.
Il dispose également que les responsables des établissements doivent prendre toutes les mesures pour prévenir les inondations et leurs conséquences sur les animaux.

Aya, jeune femelle détenue au Parc Astérix, vient de perdre son delphineau âgé de 6 jours. Aya, à qui on avait précédemment retiré Aïko, son petit de 4 ans, transféré à Planète sauvage et qui y est mort en novembre dernier ?

En moins de 3 ans, 10 cétacés sont morts dans les delphinariums français à des âges précoces.

Pour les delphinariums, représentés par leurs avocats et vétérinaires, il ne faudrait surtout pas interdire l’utilisation de produits chlorés. Présents même en infime quantité dans les eaux des bassins, le chlore est dangereux pour les yeux, la peau et les poumons des cétacés qui y vivent en continu.
Des alternatives existent pourtant, comme le traitement par ionisation au cuivre/argent.
Un bassin sans chlore est en développement au zoo de Beauval (Loir-et-Cher).


C’EST ASSEZ !, l’ASPAS et la Fondation Droit animal, éthique et sciences (LFDA), qui ont participé aux groupes de travail pour l’élaboration de cet arrêté, l’ont soutenu, aux côtés du Ministère de devant le Conseil d’État.

"A l’heure où de nombreux pays comme l’Inde, le Brésil, le Chili ou le Royaume-Uni prennent des dispositions fermes pour interdire ces loisirs barbares et dépassés. L’Europe est bien à la traîne face aux pays émergents !"

« Pour assurer la protection des espèces, améliorer le bien-être et supprimer la souffrance animale, la détention en captivité de spécimens de cétacés est interdite, à l’exception des spécimens de l’espèce Orcinus Orca et de l’espèce Tursiops truncatus régulièrement détenus à la date de l’arrêté »

Article 1er de l’arrêté du 3 mai 2017

(1) Arrêté du 3 mai 2017 fixant les caractéristiques générales et les règles de fonctionnement des établissements présentant au public des spécimens vivants de cétacés

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